ARTICLES
 
LE TIBET À L'ÉCOLE GANDHIENNE
Non-violence et non-action
Par Jamyang Norbu, décembre 2004

sommaire : AT n°1 - 2006
auteur : Jamyang Norbu
dossier : Non-violence
autre langue : anglais
 

Dans la conduite infatigable du Dalaï-Lama et de ses admirateurs pour promouvoir la lutte tibétaine comme une affaire complètement non-violente, dirigée par un genre de personnes essentiellement spirituelles qui abandonneraient leur pays plutôt que de commettre un quelconque acte de violence, la vérité est malheureusement devenue la première victime. Bien qu'elle soit pieuse et sans aucun doute nécessaire, cette mission, qui consiste à projeter l'histoire tibétaine et les événements récents à travers la lentille romancée de l'idéologie pacifiste officielle, ignore le sacrifice et le courage de plusieurs milliers de combattants tibétains - moines et lamas inclus - qui prirent les armes pour se battre pour la liberté de leur pays.

J'évoque ce sujet ici d'abord pour attirer l'attention du lecteur sur quelques observations portant sur la « vérité » et la « non-violence » faites par une personne éminemment qualifiée pour en parler. Le Mahatma Gandhi pensait que l'amour de la vérité était une qualité humaine plus importante que la non-violence. Il appelait ses méthodes « Satyagraha » ou « constance dans la vérité », et pensait que les termes comme « pacifisme » ou « non-violence » ne restituaient pas pleinement l'essence de sa philosophie d'action.

Idées reçues, vérités trompeuses

Les idées de Gandhi sur l'« ahimsa » ou la non-violence n'étaient pas simplistes. Il reconnaissait que le fait même de vivre supposait la « himsa » (violence) et la destruction de la vie, même dans un moindre degré. Gandhi lui-même servit comme brancardier durant la guerre des Boers, la rébellion Zoulou et la Grande guerre, et expliqua plus tard ses actions : « Il était très clair pour moi que cette participation dans la guerre ne pourrait jamais être cohérente avec l'ahimsa. Mais il n'est jamais donné à quelqu'un d'être également clair avec son devoir. Un défenseur de la vérité est bien souvent obligé de marcher à tâtons dans l'obscurité ».

Il n'essayait pas d'excuser son rôle personnel dans ces guerres simplement parce que ce rôle était limité : « Je ne fais pas de distinction, au sujet de l'ahimsa, maintenait Gandhi, entre les combattants et les non-combattants. Ceux qui se bornent à soigner les blessés dans la bataille ne peuvent être absous de la responsabilité de la guerre. Cette question est subtile. Il est admis des différences d'opinions, et par conséquent j'ai soumis mes arguments aussi clairement que possible à ceux qui croient en l'ahimsa et qui font de sérieux efforts pour la pratiquer dans chaque pas de leur vie ».

Au commencement de la Seconde guerre mondiale, Gandhi soutint une résolution pour le recrutement des Indiens dans l'effort de guerre. Il alla même rassembler les recrues lui-même, bien que de nombreuses personnes en furent troublées. « Vous êtes un défenseur de l'ahimsa », protestèrent certains de ses partisans. « Comment pouvez-vous nous demander de prendre les armes ? ». La réponse de Gandhi révèle combien il considérait la responsabilité sociale de la personne et son devoir envers son pays comme souvent prioritaires, même devant une puissante conviction morale telle que la non-violence. Il dit : « Je reconnais qu'à l'heure du danger, nous devons donner, comme nous avions décidé de le faire, un soutien sincère et sans équivoque à l'Empire avec lequel nous aspirons à devenir des partenaires dans un futur proche, dans le même sens que des dominions d'outre-mer. Je voudrais faire que l'Inde offre ses fils valides comme un sacrifice pour l'Empire à un de ses moments critiques, et je sais que l'Inde, par ce même acte, deviendrait un partenaire privilégié dans l'Empire, et les distinctions de race deviendraient une chose du passé ».

L'un des arguments de Gandhi, lorsqu'il recrutait des Indiens pour s'enrôler dans l'armée, ne fut pas non plus bien reçu par les Britanniques. « Parmi les nombreux méfaits de l'occupation britannique en Inde, dénonçait Gandhi, l'histoire regardera l'acte de priver une nation complète en armes comme le plus noire. Si nous voulons que la loi sur les armes soit abrogée, si nous voulons apprendre l'usage des armes, alors voici une opportunité en or ».

Lorsque les soldats pakistanais envahirent le Cachemire et commencèrent à approcher de Srinagar - après l'accession du Cachemire à l'Inde le 26 octobre 1947 - des appels furent lancés au Premier ministre Nehru par les dirigeants du Cachemire, y compris par le Maharajah et le dirigeant musulman populaire, Sheikh Abdullah. Mais Nehru hésita. Finalement, à l'insistance de Patel, Nehru ordonna la poursuite de l'aide militaire. Patel, lors d'une émission sur All India Radio, commanda tous les avions disponibles en Inde et commença les opérations aériennes. Gandhi, apaisé, dit à Paten : « A un moment, je me sentais misérable et très oppressé lorsque j'appris l'invasion pakistanaise. Mais lorsque l'opération au Cachemire débuta, j'ai commencé à être fier. Et à chaque avion qui partait avec du matériel, des armes, des munitions et des besoins de l'armée, j'étais fier ».

Gandhi justifiait ainsi sa vision : « Toute injustice dans notre pays, tout empiètement sur notre territoire devraient être défendus par la violence à défaut de la non-violence. Si vous pouvez vous défendre par la non-violence, faites-le par tous les moyens ; c'est la première chose que je voudrais. Si la décision me revenait, je n'aurais recours à rien, ni à un revolver, ni à un pistolet ni à quoi que ce soit d'autre. Mais je ne laisserais pas l'Inde se déprécier en se sentant impuissante ».

Quelles que soient les exceptions que pouvait accorder Gandhi aux nations et aux individus en matière de légitime défense, il était bien évidemment lui-même un partisan convaincu et inébranlable de l'ahimsa. Il mourut de l'arme d'un assassin parce qu'il considérait le fait d'avoir un garde du corps comme une excuse de la violence concernant sa propre sécurité. Ce que j'essaye de montrer ici, c'est que, bien que Gandhi était indéfectiblement engagé dans son idéologie non-violente, il ne lui permettait pas de l'aveugler face à la réalité, ni de le conduire à la malhonnêteté en en faisant la promotion. Il n'hésita pas à déclarer que le recours à la violence n'était pas une chose à abandonner complètement dans le cours des affaires humaines.

Confusion de la non-violence tibétaine

Si on admire Gandhi pour sa non-violence, sa spiritualité, ou son amour de la vérité et son courage (ces deux dernières qualités sont celles que je trouve les plus appropriées pour parler de l'homme), je ne pense pas qu'il y ait un meilleur enseignement que les Tibétains et leurs amis puissent tirer de sa vie et de sa mission pour notre propre lutte. Dans la société tibétaine en exil, une sorte d'accolade rituelle et routinière est rendue à Gandhi par nos dirigeants et par nos politiciens. Mais peu d'efforts sont consacrés pour étudier son travail, ce qui est vraiment regrettable. Bien qu'on puisse être en désaccord avec certaines idées de Gandhi (j'ai quelques problèmes avec sa vision du célibat et son obsession sur ses entrailles), la clarté et l'honnêteté de ses pensées est ce qui transparaît dans ses livres et ses articles.

Par comparaison, les idées tibétaines sur la non-violence sont confuses, naïves et dans certains cas semblent dériver de croyances magiques inhérentes à la pensée traditionnelle tibétaine. Par exemple, le porte-parole du Parlement tibétain, Samdhong Rimpoché, qui a donné sa propre version de la doctrine Satyagraha de Gandhi (mais qu'il a maladroitement traduit par « insistance sur la vérité »), a fait une fois une déclaration quelque peu surprenante comme quoi, si cinquante pour cent des Tibétains étaient capables de comprendre sa doctrine sur « l'insistance sur la vérité », les Chinois seraient contraints de quitter le Tibet en moins de trois mois. Le Dalaï-Lama n'a pas fait de demande aussi extravagante pour l'efficacité de sa doctrine de la voie médiane. Toutefois, les deux visions prennent leurs racines dans la pensée métaphysique traditionnelle et révèlent clairement une compréhension imparfaite de la politique des Etats-nations et de la réalité darwinienne de notre monde moderne.

Gandhi, avec son instruction juridique à Londres, sa pratique et son activisme en Afrique du Sud, ainsi que la lecture des penseurs occidentaux de son temps, semble assurément avoir eu une meilleure connaissance des réalités de son époque. Il fut ainsi capable de développer une stratégie non-violente qui, quelles que soient ses imperfections comme l'observent aujourd'hui certains intellectuels indiens, a été capable d'atteindre son principal objectif : libérer l'Inde de la domination britannique.

Bien que Gandhi se présentait avec force comme le produit de son ancienne culture - même d'un point de vue extérieur, avec son pagne, son bâton de bambou et ses souliers de coton - sa pensée politique et sociale appartenait davantage au libéralisme européen du XIXe siècle qu'à toute autre chose d'indigène ou de traditionnel. Sa foi en la non-violence n'était aucunement typique de l'Hindouisme. De son propre aveu, le pacifisme de Gandhi était d'abord inspiré du Sermon sur la montagne et de Tolstoï. Son soutien aux droits des femmes et son antipathie pour les castes ont aussi de toute évidence dérivé de la pensée occidentale contemporaine. Même sa première immersion dans le bouddhisme semble être venue de la lecture de La lumière d'Asie d'Edwin Arnold.

En Afrique du Sud, Gandhi utilisa les méthodes britanniques d'agitation politique : écrire des lettres dans les journaux, dresser des campagnes de pétition, fonder une organisation politique avec des membres entraînés et soigneusement tenus informés et des réunions régulières pour des groupes de discussion, de débat et de décision. Il écrivit aussi deux pamphlets.

Trois penseurs de son temps influencèrent profondément Gandhi. Ses idées sur la désobéissance civile et la non-violence provinrent de Thoreau. Ses convictions dans le pacifisme, comme mentionné précédemment, lui vinrent en partie de Tolstoï - particulièrement du livre Le Royaume de Dieu est en vous. La philosophie sociale de Gandhi fut certainement guidée par Jusqu'au dernier de Ruskin. Gandhi fut profondément influencé par ce livre. Il le lut d'une traite, en une journée de train de Johannesburg à Durban, sans dormir cette nuit-là, et devint déterminé à changer sa vie en conséquence. « De tous ces livres, celui qui a apporté une transformation pragmatique et instantanée dans ma vie fut «Jusqu'au dernier». Je l'ai interprété plus tard en Gujarati, en l'intitulant Sarvodaya (Le Bien-être de tous) ».

La violence injustement méprisée

Dans le cours de l'histoire humaine, d'autres « partisans de la vérité », en-dehors de Gandhi, ont probablement dû à certains moments de leur vie « tâtonner dans l'obscurité » lorsqu'ils ont cherché à concilier leur devoir envers la nation et envers le peuple avec leur amour pour la paix. Bien évidemment, tous les grands dirigeants n'ont pas fait le même choix que Gandhi. Dès lors, faut-il les regarder avec moins de stature morale que le Mahatma ? La personne qui se rapproche le plus d'un saint pour la démocratie américaine est Abraham Lincoln. Il présida lors de la plus sanglante guerre de l'histoire américaine. Qu'il fit la guerre pour la démocratie, l'intégrité de la nation et la fin de l'esclavage n'annule pas facilement le prix terrible payé par le peuple américain pour son refus d'accepter une nation confédérée séparée. Il nous faut aussi garder à l'esprit que Lincoln n'a pas été dupé ou entraîné dans la guerre par des politiciens ou des généraux belliqueux autour de lui. En fait, durant les premières années de la guerre, Lincoln a rencontré des difficultés considérables pour parvenir à convaincre ses généraux, pour le moins circonspects, d'envoyer l'armée de l'Union dans une quelconque bataille avec les forces confédérées.

A la lumière du pacifisme, Jeanne d'Arc serait sans aucun doute considérée comme une femme violente. A cause de la division des Français et de la faiblesse de leur roi Charles VI, la guerre entre la France et l'Angleterre fut, avant l'arrivée de Jeanne et pour emprunter un vocabulaire militaire, un « conflit de basse intensité ». La direction et l'inspiration de Jeanne entraîna une escalade dramatique de la violence, mais cela permit en fin de compte de libérer la France du joug anglais.

Certainement, la paix est préférable à la guerre et la non-violence à la violence. Seule une personne avec des défaillances mentales ou morales disputerait la justesse globale et même la justice de cette proposition. Mais les peuples et les nations sont parfois confrontés à des problèmes où l'action violente semble être non seulement la seule solution possible, mais aussi une solution sage et héroïque.

La paix illusoire que Chamberlain et Daladier avaient obtenue d'Hitler à Munich valait-elle le prix de trahir la Tchécoslovaquie ? Et, d'un autre côté, les efforts du président Roosevelt pour pousser une Amérique réticente dans la Seconde Guerre mondiale consistaient-ils en une machination diabolique d'un Juif belliqueux - comme a pu le présenter le ministère de la propagande du IIIe Reich - ou bien s'agissait-il d'un acte qui a probablement participé à sauver le monde de la domination nazie ?

Ou, au Tibet même, la population de Lhassa a-t-elle eu tort de se soulever dans une rébellion armée pour protéger la vie du Dalaï-Lama ? Le Dalaï-Lama a-t-il eu tort d'utiliser l'escorte armée de la résistance pour s'échapper de Lhassa ? Que ce serait-il passer s'il était resté ? Il aurait pu être tué dans le combat ou souffrir l'emprisonnement, la torture et l'humiliation publique comme le dixième Panchen-Lama. Selon le plus jeune frère du Dalaï-Lama, Tenzin Choegyal, s'il était resté au Tibet, « les Chinois auraient utilisé Sa Sainteté comme les Japonais ont utilisé le pauvre Pu Yi (le dernier empereur mandchou). C'est ce qui se serait passé : un autre Pu Yi ».

Ainsi, dans un sens, le Dalaï-Lama doit-il sa liberté, son actuelle stature internationale et peut-être même son prix Nobel de la paix, à des hommes violents qui l'ont sauvé, non seulement d'un danger physique, mais aussi d'une situation qui était une compromission morale et politique. Ils l'ont aussi sauvé d'une relation fragile et sans espoir avec les Chinois.

La non-violence: un choix sous conditions

Cet article ne cherche pas à revendiquer que les Tibétains prennent les armes ici et maintenant, mais à montrer à nos dirigeants et à nos amis que la complexité des affaires humaines nécessite une approche plus robuste et plus énergique pour le problème tibétain que l'inertie pacifiste actuelle. Même si, disons-le, nous adoptions le cas échéant une stratégie non-violente, cette décision devrait émerger à travers l'analyse, la discussion et l'évaluation des réalités, non comme un article de la foi divine, ni parce qu'elle est applaudie par les célébrités et les dirigeants du monde, pour qui la paix, le commerce avec la Chine et le maintien du statu quo sont définitivement plus importants que la liberté tibétaine.

Mais revenons-en à Gandhi. Lorsque tout a été fait et dit, le flambeau de la non-violence de Gandhi a dominé le nôtre. Parce que le sien était une doctrine de sacrifice, de courage et par-dessus tout d'action - qualités qui dans le mouvement non-violent tibétain sont manifestes par leur absence, bien qu'il faille tenir compte du courage héroïque de quelques activistes isolés à l'intérieur du Tibet. A l'inverse, dans les rangs et parmi les dirigeants du mouvement en exil, l'activisme non-violent semble être devenu une affaire de célébrités, de cérémonies religieuses, de concerts de rock, de films hollywoodiens, de conférences, de carrières et de convenances. La dernière convenance étant devenue d'abandonner notre but principal de l'indépendance en vue de sauver la « culture tibétaine bouddhiste » - un euphémisme, s'il m'a déjà été donné d'en entendre, pour le pouvoir de la théocratie. Il nous faudrait aussi nous rappeler ce que Gandhi nous a laissé comme exemple. La simplicité authentique du mode de vie du Mahatma, sa capacité à affronter les bâtons de police, à endurer l'emprisonnement et affronter même la mort pour ses convictions, étaient sans aucun doute d'une plus grande inspiration pour ses partisans que ses seuls enseignements et initiations. Pour être franc, un tel courage et une telle intégrité sont inexistants dans le cercle de nos dirigeants.

Mais le mouvement tibétain de l'« insistance sur la vérité » semble avoir découvert un substitut. Dans un document que j'ai reçu, qui semble être un manifeste du mouvement, Samdhong Rimpoché exprime son intime conviction de pouvoir distiller les qualités requises de courage, d'endurance, de patience et de compassion à ses partisans, à travers la merveilleuse méthode au retentissement impressionnant, mais néanmoins vague, de « compréhension philosophique ».

Si je sais quelque chose ce qui se pratique à Dharamsala, nous sommes en présence des plus nébuleuses conférences de « bien-être » (avec des bureaux feutrés et des magazines-souvenir de luxe en couleurs) et autres séminaires ou ateliers qui ont probablement été suggérés par des fondations étrangères bien intentionnées, avec plus d'argent et d'enthousiasme que de prise de conscience des dangers réels qui assaillent la société tibétaine.

Nécessité d'un combat plus énergique

A l'intérieur du Tibet, les esprits courageux continuent de défier les Chinois avec un courage équivalent à celui de Gandhi. Là encore, il faudrait se demander combien parmi ces courageux résistants sont, dans un sens véritable, des activistes non-violents. En discutant avec nombre des nouveaux arrivants à Dharamsala, j'ai eu le sentiment que quasiment tous les manifestants et activistes au Tibet adoptaient une attitude non-violente (à l'exception de lancers de pierres et de l'incendie d'un poste de police) parce qu'ils n'étaient pas en position de faire autre chose. Et que, si le temps venait où des insurrections violentes contre les Chinois devenaient possibles, ils l'accueilleraient favorablement.

Orville Schell, qui a secrètement interrogé de nombreux activistes à l'intérieur du Tibet, pour son film Drapeau rouge sur le Tibet, m'a confié un jour qu'un important lama lui avait dit que le seul moyen de stopper les Chinois était la violence.

Et cela commence à se produire, même dans une moindre mesure. A en juger par les quelques bombes qui ont explosé au Tibet ces dernières années, des Tibétains réfractaires semblent ne pas avoir compris pleinement notre philosophie officielle non-violente Si Gandhi était encore en vie, on peut supposer qu'il condamnerait les bombes et applaudirait le mouvement pacifiste en exil. Mais je n'en suis pas sûr. Dans un article paru dans Young India, en août 1920, il écrivit : « Je crois que s'il fallait, un jour, choisir entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. Je préférerais que l'Inde ait recours aux armes pour défendre son honneur, plutôt qu'elle devienne lâchement le témoin de son déshonneur ».

J'avais précédemment terminé mon article ici, lorsqu'un ami, après en avoir lu la première mouture, me suggéra d'inclure l'opinion d'un autre « grand esprit » dans la discussion. Dans la conclusion de son testament politique, le Grand treizième Dalaï-Lama ne mâcha pas ses mots sur la question de défendre la souveraineté tibétaine contre l'agression chinoise : « Nous devons tout entreprendre pour nous prémunir de ce désastre. Faisons usage de méthodes pacifistes lorsque celle-ci sont dues ; mais, dans le cas contraire, n'hésitons pas à recourir à des moyens plus énergiques ».

J.N.