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CONFÉRENCE DE EINSIEDELN, SUISSE, JANVIER 2004
Activisme et autodétermination
F O C U S - Alternative tibétaine

sommaire : AT n°1 - 2006
auteur: Alternative tibétaine
dossier : Pluralisme
 

Les 23 et 24 janvier 2004, 55 Tibétains issus de 17 pays se sont réunis à Einsiedeln, en Suisse, pour participer à une conférence internationale intitulée « Décider de l'avenir du Tibet : activisme et autodétermination » - coorganisée et accueillie par l'Association de la Jeunesse tibétaine en Europe. Cette conférence, première du genre, avait pour vocation d'évaluer l'urgence de la situation, d'établir des priorités dans les objectifs et les stratégies, et de relancer l'engagement et les actions des Tibétains à travers le monde.

Dans leurs travaux, les participants sont partis du même constat : « Les nombreuses tentatives de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et du gouvernement tibétain pour amorcer un dialogue significatif avec les autorités chinoises n'ont à ce jour donné aucun résultat, et l'on peut s'interroger sur la sincérité de la partie chinoise ». Ils ont aussi réaffirmé la nécessité de baser la lutte sur « le droit inaliénable des peuples à décider eux-mêmes de leur avenir afin de restaurer l'identité nationale tibétaine ». Ils ont enfin appelé « tous les Tibétains à l'intérieur et à l'extérieur du Tibet à rechercher des moyens créatifs et efficaces pour réaliser leur droit à l'autodétermination ». Cela dans la perspective d'une nouvelle conférence qui permettra de réévaluer les engagements pris lors de cette première édition.

Interrogé sur les raisons de cette conférence, Tenzin Namgyal Tethong, ancien Premier ministre du gouvernement tibétain en exil et co-organisateur de cette rencontre, a répondu que « de nombreuses organisations de soutien au Tibet, y compris des Tibétains exilés, semblent focaliser sur la manière de procéder. Aux questions «quelle est la politique du gouvernement tibétain ?» ou «quelle est la politique des groupes de soutien ?», les réponses sont souvent «oh, nous soutenons les négociations entre les Tibétains et les Chinois» ou «nous appelons au dialogue entre les Tibétains et les Chinois». Bien que les réponses ne soient pas complètement incorrectes, elles s'avèrent très incomplètes. Cela donne l'impression que la question globale porte sur le dialogue et les négociations, et que si nous parvenions simplement à dialoguer, nous aurions déjà fait la moitié du chemin. Et c'est là que se situe précisément l'erreur. Car la question au final concerne le Tibet et le peuple tibétain : le futur du Tibet et les droits du peuple tibétain. Ainsi notre principale préoccupation devrait porter sur les questions fondamentales qui doivent être résolues, et pas simplement sur la manière de les résoudre ».

D'où la priorité de rappeler que, même si le Tibet et la Chine ont des histoires croisées, les Tibétains peuvent clairement établir leur intégrité territoriale et historique. Cela malgré les litiges sur l'interprétation de la dynastie mongole des Yuan. Il est donc crucial de faire connaître et attester les revendications historiques de cette intégrité territoriale. Car cela permettra de fonder le principe d'autodétermination comme recours légal des Tibétains pour décider de leur avenir, qu'il s'agisse dès lors de l'indépendance, de l'autonomie ou même de l'intégration à la Chine.


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Liens (en anglais) :
Résolution de la conférence de Einsiedeln
Entretien avec Tenzin Namgyal Tethong