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INSPIRATION DE LA TRAGÉDIE DU NANGPA-LA
Renaissance du "10 mars"
F O C U S - Alternative tibétaine (J.N.)

sommaire : AT n°2 - 2007
auteur : Alternative tibétaine
dossier :
autre langue : anglais
 

En 2007, le "10 mars" - jour de commémoration du soulèvement tibétain de 1959 - a connu un regain de mobilisation et d'inspiration à travers le monde, notamment en Inde et aux Etats-Unis. Ce renouveau fait suite à la longue période de confusion depuis 2002, lorsque le gouvernement tibétain demanda aux défenseurs du Tibet de réfréner toute protestation publique contre la Chine en vue d'instaurer un   "climat propice au dialogue" avec Pékin. Jamyang Norbu, dans un article daté de janvier 2007 (Looking Back From Nangpa-la), s'est appliqué à réveiller les consciences, en tirant les enseignements de la tragédie du Nangpa-la : le 30 septembre 2006, les gardes-frontières chinois tiraient sur un groupe de 40 Tibétains fuyant le Tibet à travers l'Himalaya, faisant deux victimes, sous le regard de témoins étrangers. Voici en résumé quelques extraits de cet article :

N'oubliez jamais le Nangpa-la (extraits)

"Dharamsala resta silencieux durant bien deux semaines. Un communiqué fut enfin délivré le 17 octobre, déclarant que le ministre des relations internationales condamnait vivement la fusillade, mais avec un préambule stipulant que le gouvernement tibétain "restait impliqué dans le processus de dialogue avec Pékin ». Le Parlement tibétain se déclara lui-même "profondément attristé par cet incident". La rhétorique de ces déclarations - "condamner vivement" ou "profondément attristé" - serait recevable dans la bouche d'une tierce partie, mais s'avère complètement inappropriée de la part des dirigeants ou des représentants des victimes elles-mêmes.

Les membres du gouvernement et du Parlement tibétains ont probablement été révoltés par la fusillade comme n'importe qui d'entre nous. Et bien évidemment, le Dalaï-Lama lui-même a dû être plus que quiconque extrêmement perturbé par ce drame, d'autant plus que chacun de ces réfugiés se risquait sur le chemin de l'exil simplement pour le rencontrer. Sa propre retenue ne peut s'expliquer que par une seule et extrême contrainte : ne pas offenser les dirigeants chinois au risque d'affecter le si long espoir de négociations avec Pékin. Comment peut-on lutter contre cette effroyable influence et ce contrôle que semble exercer Pékin sur nos dirigeants ? Pour cela, revenons-en aux raisons historiques du 10 mars.

Le 10 mars 1959, les Tibétains se sont rassemblés sur le Norbulingka pas seulement de crainte de voir le Dalaï-Lama capturé par les Chinois, mais parce qu'ils craignaient qu'il fasse davantage de concessions, notamment en matière de souveraineté. Ainsi ont-ils voulu que le Dalaï-Lama revienne, et ils l'ont fait revenir.

Je pense qu'il est temps de nouveau de faire revenir le Dalai-Lama. Il n'est pas seulement le symbole d'un Tibet libre et indépendant, il est l'inspiration ultime de cette lutte pour la liberté. Nous savons tous ce que veulent tous les Tibétains, du plus petit village dans le Tibet oriental au plus reculé des camps de nomades dans le Tibet occidental : avoir l'opportunité de rencontrer le Dalaï-Lama. C'est une des raisons qui poussent tant de Tibétains à traverser le col du Nangpa-la.

C'est pourquoi chacun d'entre nous doit faire connaître clairement ses convictions au Dalaï-Lama et lui apporter son soutien, comme l'ont fait tous ces Tibétains le 10 mars 1959. Il nous faut utiliser la commémoration de cet événement pour de nouveau attirer son attention et déjouer les machinations chinoises et montrer au Dalaï-Lama que son peuple n'a pas abandonné la lutte. C'est pourquoi nous devons réussir partout à travers le monde ces manifestations de commémoration du 10 mars, nous mobiliser, être toujours plus nombreux, rendre ces manifestations plus créatives et enthousiasmantes. Il nous faut briser la routine, briser cette apathie et cette négativité de ces dernières années. Il nous faut régénérer notre lutte, et cela pour les années à venir.

La tragédie du Nangpa-la est là pour nous le rappeler. N'oubliez jamais le Nangpa-la ! N'abandonnez jamais la lutte pour la liberté !"

(J.N.)