TRANSALPINE TIBÉTAINE
 
AGENCE FRANCE PRESSE - 25/08/2000
Arrivée de la "Transalpine tibétaine" à Genève

(GENÈVE)


Une centaine de marcheurs favorables à la cause tibétaine sont arrivés le 25 août à Genève, après avoir parcouru 700 kilomètres à travers les Alpes en provenance de Nice.

Les marcheurs ont traversé la ville jusqu'à la place des Nations, devant le siège européen de l'ONU. Leur pétition a été remise à un fonctionnaire s'occupant des droits de l'Homme, en l'absence du Haut-Commissaire Mary Robinson. Elle compte plus de 3000 signatures, recueillies au cours des 49 jours de la marche, autant que d'années d'oppression vécues par le Tibet sous le joug chinois.

Six Tibétains ont accompagné les marcheurs en majorité français, notamment Palden Gyatso, ex-prisonnier politique, Yeshi Puntsok, président du Parti National Démocratique du Tibet.

La pétition souligne que "le Tibet demeure la plus grande colonie au monde". Elle demande l'ouverture d'urgence de négociations sous l'égide de l'ONU entre les représentants en exil du Tibet et les autorités chinoises. La pétition demande en outre à l'ONU de réaffirmer le droit à l'autodétermination du peuple tibétain, de reconnaître la légitimité du gouvernement tibétain en exil et de reconnaître le Dalaï-Lama comme représentant légitime du peuple tibétain.

Lors d'une conférence de presse, le moine Palden Gyatso, emprisonné pendant trente-trois ans pour avoir lutté contre l'invasion chinoise en 1949, a réclamé l'application par l'ONU de trois résolutions adoptées en 1959, 1961 et 1965 sur l'auto-détermination du peuple tibétain. Il s'est prononcé également pour l'instauration d'un dialogue entre la Chine et le Tibet et pour la reconnaissance du gouvernement tibétain en exil.

Palden Gyatso s'est dit "choqué" que la délégation qui a remis le 25 août une pétition à l'attention du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, ait dû renoncer à porter le drapeau tibétain et un portrait du Dalaï-Lama, pour pouvoir être admise au palais Wilson, siège du Haut commissariat aux droits de l'homme.

"Nous appelons l'ONU à nous soutenir et à déclarer l'inscription du Tibet dans le processus de décolonisation qui s'achève. (...) Nous appelons l'ONU à reconsidérer les résolutions votées par elle et à faire pression sur le régime chinois pour qu'il négocie", a déclaré Yeshi Phuntsok, président du Parti national démocratique du Tibet.

Reting Tempa Tsering, autre figure de la résistance tibétaine, emprisonné pendant 25 ans au Tibet dont un an et 8 mois enchaîné dans une cellule obscure, s'est dit ému par l'accueil chaleureux des populations et des communes traversées pendant les 700 km de marche. Certains maires de communes françaises ont annoncé que leur mairie allait arborer le drapeau tibétain jusqu'à la libération du Tibet.

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a déclaré le 24 août que le Dalaï-Lama avait été exclu d'une rencontre de près de 1000 chefs religieux en raison de la sensibilité d'Etats membres. "Beaucoup de gens sont profondément déçus, et cela est compréhensible, que le Dalaï-Lama ne soit pas ici pour le sommet des religions", a déclaré M. Annan à des journalistes. "Mais laissez-moi vous dire aussi que cette maison est vraiment une maison pour les Etats membres et leur sensibilité importe", a-t-il ajouté.

Des responsables de l'ONU ont déclaré que le sommet n'était pas organisé par l'ONU elle-même mais par un groupe de chefs religieux qui avaient demandé la permission de se réunir dans la salle de l'Assemblée générale de l'ONU. Plus de 1000 chefs religieux représentant 75 confessions différentes doivent participer au sommet, qui démarre le 28 août.

Le 18 août, le gouvernement tibétain en exil avait de son côté dénoncé la "faiblesse" des Nations-Unies.

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